ATTRIBUT

attribut du COD, attribut du sujet et COD Ces fonctions grammaticales ne doivent pas être confondues.

Le COD désigne l’être ou la chose qui subit l’action exprimée par le verbe. Il complète donc un verbe d’action.

Patrick voit un policier.

L’attribut du sujet exprime une caractéristique (l’état, la nature ou la qualité) du sujet. Il se construit avec un verbe attributif1.

Patrick est un policier.

L’attribut du COD exprime une caractéristique (l’état, la nature ou la qualité) du COD. Il se construit avec un verbe de jugement, de transformation, de désignation.

Je vois Patrick comme un policier.

Remarques :

1. Lorsque le sujet et l’attribut du sujet sont interchangeables, il faut utiliser le présentatif c’est… qui pour trouver le sujet. Dans La capitale de l’Italie est Rome, c’est Rome le sujet, et La capitale de l’Italie l’attribut du sujet. On peut dire :

 C’est Rome qui est la capitale de l’Italie

mais non :

 C’est la capitale de l’Italie qui est Rome.

2. Il existe deux catégories de verbes attributifs :

— les verbes essentiellement attributifs (être, avoir l’air, demeurer, devenir, se faire, paraître, rester, sembler…). L’attribut de ces verbes ne peut être supprimé (sans changement de sens) et est pronominalisable2.

Exceptions : avoir l’air et se faire.

À partir de :

Pierre devient vieux,

on ne peut dire :

 Pierre devient,

mais on peut opérer la transformation :

 Pierre le devient.

— les verbes occasionnellement attributifs (rentrer, revenir, sortir…). L’attribut de ces verbes peut être supprimé (sans changement de sens) et n’est pas pronominalisable.

À partir de :

Lisa est rentrée furieuse3 (= Lisa est rentrée et elle est furieuse),

on peut dire :

 Lisa est rentrée,

mais on ne peut opérer la transformation :

 Lisa l’est rentrée.

3. Le pronom de certains verbes pronominaux peut tantôt former un tout avec le verbe (auquel cas il est inanalysable), tantôt avoir son autonomie. Selon le cas, les fonctions changeront.

La porte se trouve trop étroite pour qu’on puisse passer la commode.

Se est inanalysable, et trop étroite attribut du sujet.

Jimmy se trouve trop maigre en ce moment.

Se est COD, et trop maigre attribut du COD.

La ville s’est transformée en ruine.

S’ est inanalysable, et en ruine attribut du sujet.

Pour la fête, Marie s’est transformée en sorcière.

S’ est COD, et en sorcière attribut du COD.

4. Parfois, le verbe attributif n’introduit pas un attribut à proprement parler mais un complément essentiel.

Patrick est à Madrid (CE de lieu).

Le spectacle est à 3 heures (CE de temps).

Dans ces exemples, le prédicat indique moins une caractéristique du sujet qu’une localisation spatio-temporelle.

Sources :

  • Breckx (Monique), Grammaire française, 4e éd. revue et actualisée, Bruxelles, De Boeck, DL 2012.
  • Grevisse (Maurice) et Goosse (André), Le Bon Usage, 14e éd., De Boeck, Duculot, 2008 [1936].
  • Hamon (Albert), Grammaire et analyse : analyse grammaticale et analyse logique, Hachette éducation (coll. « Objectif concours »), 2007.
  • Jauneau (Jean-Paul), N’écris pas comme tu « chat(t)es » ! : structures du français écrit courant et soutenu, 2 vol., Lulu, 2011.
  • Laurent (Nicolas) et Delaunay (Bénédicte), La Grammaire pour tous, Hatier (coll. « Bescherelle »), 2012.
  • Riegel (Martin), « Verbes essentiellement ou occasionnellement attributifs », L’Information grammaticale, mai 1981, no 10, p. 23-27.
  • Riegel (Martin), Pellat (Jean-Christophe) et Rioul (René), Grammaire méthodique du français, 4e éd. entièrement revue, Presses universitaires de France (coll. « Quadrige »), 2009 [1994].
  • Wilmet (Marc), Grammaire critique du français, Hachette supérieur, Duculot (coll. « HU »), 1997.

 

attribut du COD et épithète Ces deux fonctions ne doivent pas êtres confondues.

Lorsqu’un adjectif se rapporte au COD, sa fonction peut être attribut du COD ou épithète selon les cas.

J’ai trouvé (= jugé) ce livre intéressant.

Dans ce premier exemple, l’adjectif ne peut être supprimé sans modification de sens : il est donc attribut du COD livre. Le segment ce livre intéressant peut être remplacé par une proposition subordonnée complétive : que ce livre est intéressant.

J’ai trouvé (= découvert) ce livre intéressant.

Dans ce second exemple, l’adjectif peut être supprimé sans modification de sens : il est donc épithète du nom livre. L’adjectif intéressant peut être remplacé par une proposition subordonnée relative : qui est intéressant.

Sources :

  • Breckx (Monique), Grammaire française, 4e éd. revue et actualisée, Bruxelles, De Boeck, DL 2012.
  • Pougeoise (Michel), Dictionnaire de grammaire et des difficultés grammaticales, Armand Colin (coll. « Cursus. Lettres »), 1998.